
Les voyages de Matthieu Poitevin
Qui saura jamais ce qui se passe dans la tête d’un architecte aux prises avec la création ? Ce que Matthieu Poitevin nous donne à voir en exposant le contenu de ses valises est un peu de cet ordre-là. Une série de valises au couvercle relevé, un titre à chaque valise qui, défiant la linguistique, associe l’écriture au travail plastique : l’architecte artiste suscite ici une étrange émotion. Intimiste certes ( la nature de cette émotion diffère de celle qui nous étreint parfois face à certaines constructions ), poignante sans aucun doute.
Valise Friche / Valise Shanghaï / Valise Best hier/ Valise ski / Valise Trop Fait / Valise pleine de Q / Valise ARM Architecture / Valise Stade / Valise cirque : les titres de ces installations, car chaque valise est comme une mise en abîme de l’ensemble de l’installation des valises, sollicitent l’imaginaire du voyage. Chine, Afrique, montagnes enneigées. Et plus près de Matthieu Poitevin, Marseille, sa ville, avec le sigle de l’OM . Mais tout de suite en dessous, la mention « Droit au but ». Un peu de distanciation brechtienne…
On expose de plus en plus de dessins d’architectes ainsi assumés comme œuvres d’art, on publie aussi des textes d’architecte. Mais dans ce parcours inhabituel dans les coulisses de l’architecture que Matthieu Poitevin met en scène, il y a comme un en-plus. Spectacle oui. Environnement. Humour. Poésie surtout. Les valises de l’architecte révèlent une pensée qui oscille délicieusement entre le rêve et la tâche du bâtisseur.
Catherine Weinzaepflen
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Monsieur,
Nous avons pris bonne note de votre courrier ainsi que des motivations qui vous ont amené au choix de mes amis, Anne Lacaton et Jean Phillippe Vassal. Il ne s’agit pas vraiment d’une surprise, convenez-en.
Certaines défaites sont moins amères que d’autres et ce choix ne peut pas vraiment me mettre en colère.
Ce qui est un peu plus désagréable toutefois c’est qu’en ces jours prémices d’été, vous n’ayez pas commencé votre courrier par un merci. Cette formule de politesse qui exprime poliment un refus ou de la gratitude. Oui, de la gratitude à notre égard d’avoir au moins joué le jeu pour vous permettre d’arriver à vos fins. Un merci aurait presque pu suffire. Avec un peu plus d’imagination vous auriez aussi pu joindre un petit sac de prunes. Oh, pas en grand nombre, mais quelques unes, bien choisies c’est de saison, en compensation pour la somme de travail assez considérable qu’il nous a fallu accomplir, une première fois et même une seconde pour assister à une deuxième séance de questions et vous envoyer des compléments d’information conséquents.
Vous n’êtes pas sans savoir que coordonner les réflexions, les volontés et les idées d’au moins sept intervenants, bureaux d’études, artistes, économistes, architectes associés, scénographes, en tout plus d’une quinzaine de personnes, ça prend du temps. En outre répondre à une demande telle que celle du palais de Tokyo exige de ne pas faire n’importe quoi. Il ne s’agit pas d’un supermarché tout de même. D’ailleurs, même un supermarché discount ne vend pas à perte. Les professions libérales indépendantes oui. On nous demande une prestation gratuite.
Il ne viendrait à l’idée de personne de demander à quelqu’un de travailler et de retravailler gratuitement ?
Il ne viendrait à l’idée de personne, ne serait-ce que par courtoisie de ne même pas proposer un défraiement ?
Vous êtes responsable de la maîtrise d’ouvrage du ministère de la culture notre ministère de tutelle et vous ne pensez pas que vous avez ainsi une sorte de responsabilité vis à vis des architectes ?
Certes c’est le jeu me direz vous, je n’avais qu’à pas répondre. Vous ne décidez pas des modes d’appel d’offres. Mais lorsque la règle est mauvaise ne convient-il pas de tenter d’en infléchir les effets ?
Que demande-t-on au fond ? Un peu de considération tout au plus, ça ne vous coûtera pas le prix du verger.
Matthieu Poitevin.
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Tiens voilà du boudin !
2010 commence comme avait fini 2009, 2008, 2007 et toutes ces longues années.
Encore un concours perdu. encore une déception et je vais devoir affronter le regard de mes amis, mes chéris, mes collaborateurs dans les yeux desquels je peux lire toutes leurs interrogations
Je dois être suprêmement con pour penser à chaque fois que je vais peut-être gagner. Pourtant le téléphone sonne une voix amicale répète inlassablement que c’est pas l’architecture qui pose problème, que de ce point de vue là, il n’y a rien à redire ( çà tombe bien). Mais que j’ai perdu parce que le maire ne sentait pas le projet. Quelle phrase magnifique, ne pas sentir le projet. L’autre raison récurrente est que les architectes du jury n’ont pas compris, mon arrogance ce qui est à la limite plus inquiétant.
Le mode du concours à part exception dinosauriale et talentueuse qui confirme la règle à la manière de 5 ou 6 agences maximum dans le monde ne permet pas que le meilleur projet puisse l’emporter, c’est politiquement impossible.
A écouter des amis, même grand prix nationaux d’architecture enfin surtout un, et un futur je le parie mais qui n’est pas dutout mon ami, eux disent que ce qui permet de gagner un projet c’est d’adopter la meilleure stratégie. Et ils en gagne à la louche des concours, je ne les en blâme pas. Eux ont compris pas moi. Ils en gagnent tellement qu’ils ne savent pas même combien quand moi je cherche désespérément à compter jusqu’à un.
Il est à noter alors que les prises de position polémiques enfin, apparemment polémiques de ces personnes se font toujours en dehors du champ d’expression de leur architecture C’est à dire jamais dans leur projet, là on flatte l’élu et on casse le concurrent mais par des textes plus ou moins bien écrits, des oraux ou des dîners mondains, tous ce qui pourra servir à leur communication marketing mais ne risquera pas de nuire pour que leur projet puisse être lauréat, avec un bet hqe à 8% s’il le faut, cela va de soit.
Là encore rare sont ceux qui peuvent se permettre cette attitude. Ils jouent un jeu de dupe et dupent, les résultats leurs donnent raison mais quel cynisme pourtant.
A défaut de vision stratégique dénuée de toute forme d’émotion où de prise de position, le projet le plus consensuel, le projet à la mode mais pas trop l’emportera 9 fois sur 10. Il a même été crée des labels nationaux pour aider les élus dans leur choix d’équipes à la mode. Pour être sur de ne pas prendre de risque, comme le label rouge sur le fromage, ou le tampon sur la viande de boeuf made in France.
Et ces équipes sont fières d’être de bons boeufs.
Il est bon de rappeler qu’être à la mode c’est être dans son temps, donc que demain, on ne sera plus à la mode sauf à courir après son temps. Par conséquent, une construction faite pour durer est déjà en retard sur son temps souvent avant même d’être construite.
Il n’est plus question d’apporter la meilleure réponse possible à la question qui est souvent mal posée. il n’est pas même question de revendiquer une infime prise de risque ou un engagement, il est question de caresser dans le sens du poil l’élu dont le métier est d’être élu donc réélu . Fin de la vocation.
Est ce pour cela que le Seigneur cultive son jardin ?
comme j’aimerai lui prouver qu’il a tort alors que tout me pousse à croire qu’il a raison.
En allant plus loin, Rimbaud n’a t’il pas arrêter d’écrire si jeune parce que ce que lui considérait comme ses meilleurs poèmes n’étaient pas reconnus ?
Est-ce les meilleures toiles de Picasso qui sont exposées dans les musées aujourd’hui, lui qui en a tant détruit
les textes des philosophes grecs qui ont traversés les siècles sont-ils les plus beaux où n’en a t-on gardé que certains parce qu’ils avaient du succés ? N’est-ce pas la norme qui dure et perdure .
Peu importe, certes mais c’est quand même triste non ?
Matthieu Poitevin

Du 5/11 au 10/11 2009 les maitres d’arts et le ministère de la culture s’exposaient au salon du patrimoine au carrousel du Louvre.
ARM +
Petroff studio graphique
+
Cigüe
Une série d’objets disparates posés sur des plots de palettes. Ceci est tout à fait voulu et n’a pas d’autre objectif que, contrairement à une idée répandue, de montrer que le patrimoine est une matière vive de notre histoire. Ce stand en est le reflet, il est work in progress.
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Jusqu’au 05/12, à la galerie des grands Bains Douches de la Plaine ART-CADE 35/ rue de la Bibliothèque, à Marseille sont exposés 17 trophés d’Arm.
ainsi que des projets perdus de Rudy Ricciotti, de Jean Christophe Quinton et de l’atelier Fernandez&Serres
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