COLLEGES RENOIR ET ROSTAND

Fiche technique


avec Nourredine Souilah-Edib

Paysagiste : Jerome Mazas
BET structure : joseph Attias
Fluide : Sarlec
Eco : R2m

avec la collaboration de
Mafoud Boukhalfa
La burne
Les frères Pichoux

Extrait d’un discours de presentation des colleges renoir et rostand par M. Paul virilio, lors d’une conference à Paris.

« D’habitude, les revues d’architecture me tombent des mains parce que c’est toujours pareil ; plan, coupe, façade, plan, coupe, façade... la photo. Et là, par sa force et sa brutalité, cela m’a attiré. Alors, j’ai trouvé ça tout à fait intéressant, parce qu’il s’agit d’un projet en situation, d’un projet qui se trouve sur la ligne de démarcation entre la paix civile, et la guerre civile ;

Quelque part, le collège est la ligne de crête où les choses se décident. Ou c’est l’intégration dans la vie civile, ou on va se faire massacrer. C’est possible partout où les gens sont intolérants, sectaires, haineux, sans caractère ni tempérament, là où ils sont prêts à suivre n’importe quel slogan, c’est possible.

J’ai donc trouvé sacrément gonflé de construire la ligne de front, la ligne de tête, c’est à dire revendiquer l’éducation pas de manière lâche mais affirmée, très forte, très tellurique. C’est un peu une ligne de niveau reconstituée dont ils auraient fait leur façade ; la ligne de front donc, de front dans le bon sens du terme.

J’étais intéressé aussi par le fait d’un bidouillage virtuose entre différents matériaux, c’est un acquis récent dans notre métier est là ça ressemble à de la terre armée. Cela me fait penser à des architectures primitives, c’est à dire premières et non pas sauvages.

C’est de l’architecture archaïque, c’est à dire quelque-chose de naissant.

Qu’est ce que le primitivisme ? C’est ce qui naît. Les douleurs de l’accouchement, ce n’est pas poli, nettoyé, lavé avec la brosse à reluire, c’est vivant ! ...

Paul Virilio

septembre 1999

Extrait du livre "AVANT APRES - Architectures au fil du temps (Actes sud) "

« Ces collèges donnent un point d’ancrage au quartier et, de là, le métamorphosent. C’est un vrai miracle. Ce double collège n’est pas brutal, il est volcanique. Son authenticité contamine son environnement, il n’est plus erratique puisqu’il il a trouvé avec lui son point d’ancrage. Je suis sidéré chaque fois que j’y retourne. Cette falaise rouillée, ces deux lames qui la chevauchent, ces escaliers métalliques qui les escaladent comme des plantes parasite, ces bambous qui font vibrer les façades. Tout est juste et résonne sur les barres et les tours qui les entourent. Un beau retournement de situation »

Patrice Goulet